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Voici les coups de baguette magique de l’accord budgétaire

Par |2016-10-16T16:31:57+02:0016/10/2016|Actualités|

L’accord est donc tombé ce 14 octobre. C’était la Saint-Juste. Mais pour plusieurs millions de fans francophones d’Harry Potter, c’était surtout la sortie du huitième livre, « Harry Potter et l’enfant maudit ». Le sorcier imaginé par J.K. Rowling reprend (timidement) du service, alors que Charles Michel, lui, a dû faire usage de sa baguette magique pour transformer des désaccords profonds entre partenaires flamands en un « deal » où personne ne perd (totalement) la face. Le Premier ministre « magicien » (l’expression vient de son camp) a réussi. Mais à quel prix? Voici quelques éléments.

REDUCIO EFFORT!

Les fans d’Harry Potter connaissent ce sort: il permet de réduire des objets, des petits animaux. Et c’est ce que l’équipe Michel a réalisé concernant l’effort à réaliser: des 4,2 milliards à trouver, chiffre issu du comité de monitoring, il ne fallait plus trouver que 3 milliards d’euros. Comment cette réduction a pu se faire? En revoyant à la baisse les ambitions budgétaires du gouvernement, tout simplement. « Nous veillons à dépenser moins et à dépenser mieux. Le budget 2015 sera ajusté avec une amélioration du solde structurel de 0,6% en 2015 ainsi qu’en 2016. L’objectif est d’atteindre l’équilibre structurel en 2018 » expliquait ainsi le Premier ministre Charles Michel lors de sa déclaration de politique générale l’an dernier. Un an plus tard, à la lecture du tableau budgétaire issu des négociations, on constate que le gouvernement fédéral ne réalise qu’un effort de 0,1% en 2016, renvoyant le reste de l’effort pour cette année à 2017! Et zou! En 2016, l’effort à réaliser n’est « que » de 308 millions, il sera de 2 milliards 267 millions en 2017, à politique inchangée. Le gouvernement s’écarte de son ambition budgétaire d’amélioration structurelle, pour se « contenter » de « coller » aux obligations budgétaires européennes. En clair, au lieu de faire un effort de 0,6% du PIB par an, donc 1,2% sur deux ans, le gouvernement fédéral fait un effort de 0,1% en 2016, et de 1,1% en 2017. L’Europe a validé ce scénario, nous dit-on. De justesse, le gouvernement maintient le déficit de la « Maison Belgique » (fédéral + toutes les entités fédérées) sous les 3% (2,94%). C’est moins bien que le 2,8% prévus par la Commission européenne au printemps dernier. Mais l’équipe Michel, comme l’a répété le Premier à la Chambre ce midi, garde son objectif d’équilibre budgétaire à l’horizon 2018. Ça signifie qu’il faudra trouver pas loin de 3,5 milliards l’an prochain, pour le budget 2018. Ça risque d’être sportif. Mais en attendant, le sort a fonctionné… Reducio effort!

EXPERLLIARMUS SÉCU!

L’opposition s’en est déjà gaussée: le gouvernement fédéral réalise un tiers de son effort budgétaire via des économies dans les soins de santé alors que la ministre De Block avait promis qu’on ne toucherait pas à ceux-ci. Plus de 900 millions d’économies, comme le révélait Le Soir jeudi matin. Mais ce n’est pas tout. Dans le tableau budgétaire que nous avons pu consulter, on découvre également que le gouvernement fait des économies dans l’emploi (73 millions): prépensions, crédits temps, « starter jobs »; en pensions également (62 millions): Daniel Bacquelaine évoquait les réformes à notre micro hier samedi; en  » affaires sociales «  (144 millions) ou encore, comme le gouvernement l’a déjà annoncé, via une baisse de l’enveloppe bien-être (le gain est de 161 millions). Le sort Experlliarmus permet de désarmer un adversaire. On ne dira pas que le fédéral désarme ou déshabille la Sécu. Mais le gouvernement retire, à tout le moins, des moyens à la Sécu. Experlliarmus Sécu!

EVANESCO SPÉCULATION/REDESIGN!

Ce n’est pas à proprement parler un élément qui a permis de gagner de l’argent, mais notons que deux mesures dont le gouvernement a régulièrement fait état lorsqu’il s’agissait de ramener de l’argent dans les caisses, et qui ont disparu des tableaux budgétaires: le « redesign » de l’administration et la taxe sur la spéculation. On savait que cette dernière était (très) loin de ramener les millions prévus et qu’elle impactait négativement la taxe sur les opérations boursières. La voilà disparue. Et zou! Même sort donc pour le « redesign » de l’administration. Le redesign, c’est cette volonté de réformer l’administration, avec un objectif d’économie estimée à 100 millions pour 2016, et de 750 millions d’ici 2020. Steven Vandeput, le ministre N-VA de la fonction publique, n’a jamais pu proposer un plan de « redesign » qui tienne la route. La mesure est abandonnée. Et zou! Evanesco spéculation/redesign!

ACCIO NOUVELLES RECETTES!

« 100% des nouvelles recettes fiscales proviennent du capital ou de la fiscalité environnementale ». C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Charles Michel lors de sa déclaration de politique générale. Dans les tableaux budgétaires, on constate qu’à elle toute seule l’augmentation du précompte mobilier (de 27% à 30%) rapporte 425 millions en 2016 et 2017. Il y a également de l’argent supplémentaire venant du doublement du plafond et l’extension de la taxe boursière, pour un total de 76 millions. Près de 500 millions proviennent du capital auxquels on rajoutera la baisse de la déductibilité des cartes de carburant pour les voitures de sociétés (100 millions). On notera également que 100 millions proviennent des dividendes des entreprises publiques, une augmentation des recettes issues de la fraude sociale et fiscale rapportera le même montant (50 millions chacun) et que 55 millions sont perçues via une baisse des taux d’intérêts. Accio nouvelles recettes!

EXPECTO PATRONUM ARCO!

Parfois, il n’y plus d’espoir. Parfois, on est seul. Parfois, on a besoin d’aide. Pour faire disparaitre les forces du mal, Harry Potter fait usage du sort Expecto Patronum: un cerf apparait et la félicité est de retour. Et si le CD&V avait fait usage de ce sort pour, in extremis, valider tous les sorts expliqués ci-dessus, et ainsi conclure un accord? Ce midi, le Premier ministre a annoncé « l’exécution opérationnelle » du dédommagement des coopérateurs d’Arco. Arco, c’est cette coopérative liée au mouvement ouvrier chrétien flamand, qui avait été durement touchée par la chute de la banque Dexia. En juin dernier, la Cour de justice de l’Union européenne confirmait la décision européenne de 2014 de qualifier la garantie accordée par la Belgique aux coopérateurs comme aide d’Etat, et donc d’infraction au droit européen. Si dans l’accord de gouvernement, l’équipe Michel s’était engagée à « élaborer un règlement adéquat visant le dédommagement des coopérateurs », depuis octobre 2014, le dossier était resté au frigo, à tout le moins médiatiquement. Selon nos informations, le dossier Arco s’est invité in extremis à la table de la négociation, à la demande du CD&V. De quoi tout débloquer. C’est déjà ce que pense l’opposition. En tout cas, le CD&V obtient un « trophée » intéressant pour son électorat. Expecto Patronum Arco!

ASCENDIO CHARLES MICHEL!

On ne saura certainement jamais avec certitude tous les tenants et aboutissants de la négociation qui a permis à la majorité N-VA-MR-CD&V-Open VLD de finalement s’entendre ce vendredi 14 octobre. Mais l’on sait que le « deal » a finalement permis le lancement du sort Ascendio qui a permis à Charles Michel de se hisser vers le perchoir de la Chambre, pour son discours de politique générale. Lundi soir, on était pourtant bien, bien loin d’un accord. Quelques coups de baguette magique plus tard… Ascendio Charles Michel!

(Source: www.rtbf.be)

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