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Discours d’Ahmed LAAOUEJ au Congrès du PS du 24 septembre 2017

Par |2017-09-24T19:34:52+02:0024/09/2017|Actualités|

Chers Camarades,

C’est pour moi un immense plaisir de me retrouver ce dimanche devant vous à l’occasion de ce beau congrès.

Consacrer un congrès du parti socialiste au thème du « travail », c’est l’occasion d’abord de rappeler ce que nous sommes : le parti des travailleurs.

Ce qui était vrai à l’époque de la révolution industrielle l’est aujourd’hui encore à l’heure de l’économie numérique et de la domination des marchés financiers.

Et nous restons constants : le socialisme démocratique est d’abord une réponse collective, une réponse collective nourrie d’une exigence centrale, le partage des richesses.

Et c’est ici, sur ce terreau, que fleurit notre socialisme : nous pensons les rapports sociaux de manière collective.

Nous ne laissons pas les mutations économiques ruiner toute idée de solidarité dans les luttes sociales.

Nous affirmons, avec les mouvements sociaux, qu’un travailleur ne doit pas être seul dans sa demande d’être considéré dignement.

Nous menons le combat politique du salaire juste, du droit du travail et de la sécurité sociale.

Nous sommes à ce point attachés au travail, que nous le voulons de qualité, justement rémunéré et valorisé.

Oui, nous récusons les idées sournoises d’un libéralisme débridé qui voudrait nous imposer l’extension de la précarité dans le monde du travail.

Nous nous rappelons à chaque instant que le système économique dominant ne donne rien de lui même, il prend et ne partage pas, sauf si on l’amène à partager !

Et c’est cela ce que nous sommes : le parti des conquêtes sociales, le parti qui comprend qu’il n’y aura jamais de répit !

Et les choses vont parfois très vite, voyez en trois ans ce que le Gouvernement Michel, le Gouvernement des droites, a déjà imposé au pays et à ses travailleurs.

Pour ne prendre qu’un exemple, la mise à mal de la démocratie sociale.

Ne perdons pas de vue que depuis toujours nous sommes aussi le parti de la démocratie sociale, la démocratie sociale qui permet au quotidien à des millions de travailleurs d’être associés, à travers leurs représentants, à la gestion de la sécurité sociale, de leur sécurité sociale !

La démocratie sociale qui, à travers la concertation sociale, permet aux travailleurs de porter collectivement leurs revendications, qu’elles touchent au salaire ou à leurs conditions de travail.

C’est tout cela la démocratie sociale, une façon de faire qui permet d’oeuvrer, collectivement, sur le terrain des rapports sociaux.

C’est cette démocratie qui est aujourd’hui bafouée et menacée par le Gouvernement Michel.

Des orientations politiques, quand ce ne sont pas des décisions politiques, sont prises avec d’emblée la défense des intérêts de la FEB.

La concertation sociale se voit aujourd’hui contrainte d’entériner des décisions déjà prises, voyez le dossier des pré-pensions pour n’en citer qu’un.

Les organisations syndicales sont raillées quand elles ne sont pas diabolisées.

Le droit de grève lui aussi est dans le collimateur, chaque fois que l’occasion se présente.

Autant d’attaques contre la démocratie sociale, ce n’est pas fortuit chers camarades, c’est l’amorce déjà bien entamée d’un nouvel ordre économique, d’un nouveau modèle qui cherche à déforcer toute dynamique solidaire et collective !

Cette attaque frontale, c’est le risque de voir des millions de travailleurs être écartés de tout débat, de toute concertation sur l’avenir de leurs droits sociaux.

C’est inacceptable !

La précarisation des travailleurs pour les rendre plus vulnérables et l’asphyxie de la concertation sociale, ce ne sont pas des éléments à prendre séparément.

Ce sont les pièces d’un même plan qui poursuit un objectif précis au service d’une vision individualiste et ultra-libérale de la société.

Le danger est grand chers Camarades, restons vigilants et combatifs !

Le monde du travail doit savoir qu’il pourra toujours compter sur nous !

 

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Nous, nous sommes à ce point attachés au travail, que nous voulons qu’il soit source d’épanouissement.

Cela nous rend très attentif à la question du bien être au travail et, bien sûr, explique aussi notre acuité sans failles lorsqu’il est question de la sécurité sociale.

La sécurité sociale qui, rappelons le, n’appartient pas aux employeurs, c’est aux travailleurs qu’elle appartient.

Cette sécurité sociale qui est aujourd’hui rétrogradée au statut de tiroir caisse dans lequel le Gouvernement Michel se sert pour boucher ses trous, trous qu’il a, faut il le dire, creusés lui même.

Je profite de ce passage pour saluer Laurette qui n’a pas ménagé ses efforts toutes ses années pour défendre avec force le financement de la sécurité sociale !

Merci Laurette, Laurette à qui j’ai l’honneur de succéder à la Chambre comme chef de groupe, je dis bien succéder car on ne remplace pas Laurette, on essaie de lui succéder.

Merci aussi à l’ensemble de mes Camarades députés socialistes au fédéral.

Par leurs qualités, ils sont un atout majeur là où il faut continuer à se battre contre une politique d’austérité aussi néfaste pour les gens qu’inefficace pour l’économie.

Et je veux ici déjà les remercier pour la force avec laquelle ils ont pointé l’ignominie du Ministre Francken qui inocule, avec la complicité passive de Charles Michel, le virus de la haine et du recul démocratique !

Merci chers Camarades.

Bien sûr nous redirons aussi que les cotisations patronales ne sont pas un cadeau !

Les cotisations sociales, à côté du salaire direct, sont un élément de la rémunération des travailleurs : travail contre salaire ET contre protections sociales !

Pas moins de salaire brut contre plus de salaire net !

Ce que nous voulons, c’est plus de salaire brut ET plus de salaire net pour les travailleurs !

C’est ça que nous voulons et ce n’est que justice !

Ce n’est que justice et désormais une justice réparatrice !

Quand on voit que les dividendes explosent pendant que le Gouvernement Michel impose un saut d’index !

Quel mépris pour les travailleurs !

*****

Etre du côté du travail et des travailleurs, c’est aussi un choix économique.

Alors, petite devinette à ce sujet, sous forme de citation, ce sera la seule, qui a dit : « Corriger les inégalités rend nos économies plus fortes. » ? Fin de citation.

Je ne vous fait pas languir, c’est l’OCDE, pas un économiste alternatif ou de gauche, non l’OCDE, l’un des temples du modèle économique dominant.

Oui la réduction des inégalités sociales et salariales va de pair avec la croissance, c’est un fait qu’aujourd’hui personne ne conteste.

Le Gouvernement Michel essaie depuis trois ans de nous convaincre du contraire : il faut, selon lui, précariser les travailleurs pour relancer l’économie. C’est cette idéologie fumeuse qui est à la base du saut d’index et des attaques contre les protections sociales.

Il suffit de se pencher un peu sur les chiffres pour voir que cette politique mène à un échec cuisant.

On le voit très bien sur le terrain de la relance économique, la Belgique est à la traîne.

Oui chers Camarades, ce ne sont pas les salaires qui plombent l’économie, c’est la politique d’austérité du Gouvernement Michel qui nuit gravement à l’économie !

Comment peuvent-ils prétendre qu’ils sont pour le travail, alors que dans le même temps ils agissent contre les travailleurs !

Comment peuvent-ils dire qu’ils sont pour les travailleurs, alors qu’au même moment ils abiment leur sécurité sociale !

Sur le terrain des emplois, il y a fort heureusement les politiques dynamiques qui ont été menées par les Régions wallonne et bruxelloise, chacune à sa manière avec des résultats concrets.

On sait hélas le danger qui guette désormais en Région wallonne dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.

La seule chose dont ils peuvent se prévaloir, ce sont les flexi-jobs, cette extension du domaine de la précarité : d’abord l’Horeca, désormais le commerce de détail et sans doute demain d’autres secteurs encore ! Il faut s’y préparer.

Travailleurs moins protégés et moins payés, c’est ça les flexi-jobs !

La multinationale Uber les fait saliver et semble accomplir leur fantasme d’une économie où le travailleur est relégué au rang d’outil interchangeable et corvéable !

Nous sommes nous aussi pour le progès numérique, mais pas pour qu’il serve d’alibi à l’avènement d’une société de travailleurs pauvres !

Nous disons nous autre chose, nous disons que soutenir le revenu des travailleurs, et plus largement le revenu des ménages, c’est se donner les moyens d’une relance de l’économie par la demande intérieure, sans dégâts sociaux.

Nous disons qu’il faut être aux côtés des entrepreneurs qui créent de l’emploi de qualité et qui investissent durablement, avec des mesures appropriées.

C’est ça ce que nous défendons !

Nous affirmons, avec un grand nombre d’économistes parmi les plus reconnus, qu’il ne peut y avoir de prospérité économique sur un désert social.

Pour cela, tous les leviers doivent être mobilisés et je me réjouis de lire dans les travaux du Chantier des Idées, un grand nombre de propositions visant à réduire l’impôt sur le travail tout en avançant sur une fiscalité plus juste sur le capital.

Rappelons que sous le Gouvernement Di Rupo, nous avions été rechercher plus de 7 milliards d’euros sur le capital et la fraude fiscale pour précisément résorber les inégalités.

C’est ça la marque d’une politique socialiste !

Inutile de vous dire que le Gouvernement Michel fait exactement l’inverse.

C’est pourquoi, il est important de poursuivre dans la voie tracée par le « Chantier des Idées ».

Cela nous permettra de développer de nouvelles propositions de réformes pour une fiscalité plus favorable aux travailleurs.

J’en profite pour remercier notre Président, Elio Di Rupo et son équipe, qui mènent à bien ce travail titanesque pour lequel nous nous réunirons bientôt à Liège.

Merci Président ! Merci mille fois, car ce travail nous permettra au Parlement de profiter d’un réservoir de propositions que nous ferons vivre avec ardeur ! Vous pouvez compter sur nous.

Permettez moi de conclure en quelques mots.

Oui, un juste salaire en Belgique bien sûr mais aussi une Europe des travailleurs, un impôt juste, une sécurité sociale valorisée, une économie où l’initiative et la créativité sont encouragées, une société où le droit du travail cohabite avec le droit au travail, autant d’aspects chers Camarades, qui fondent ce que nous sommes : le vrai parti des travailleurs !

Merci à tous !

 

 

 

 

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